Mamie Michèle

Mamie en tête panoramique

Cet article-ci est bien différent des précédents.

Il ne s’agit plus de narrer les péripéties de mon voyage, mais de rendre hommage à l’une des plus importantes femmes de ma vie : Michèle Robillard, ma grand-mère maternelle.

Mamie&Moi

Mamie nous a quitté le 17 mars 2013 à l’âge de 76 ans. Ma maman m’a appelé Lundi 18 mars en fin de matinée pour m’apprendre la triste nouvelle. J’étais à Brasov en Roumanie à ce moment là et j’ai fais le nécessaire pour rejoindre Sainte-Foy-La-Grande au plus tôt. Mon hôte à Brasov, Szidonia, a passé quelques coups de fil à la gare routière puis à l’aéroport pour me faciliter la tâche, merci à toi Szido, t’as vraiment assuré. J’ai dans un premier temps rallié l’aéroport de Targu-Mures en bus, puis celui de Beauvais (France) en avion pour enfin être récupéré par mon grand Ami Momo qui ce soir là revenait de Compiègne vers Sainte-Foy avec une nouvelle voiture. C’est ainsi que nous avons roulé ensemble 9h durant jusque chez moi où nous sommes arrivés le mardi matin vers 7h30.

J’ai été très heureux de retrouver la famille et les amis(es) après ces quelques mois de séparation. Il est triste que ce soit dans le cadre d’un décès, mais la présence de chacun était évidente, car Mamie Michèle a été une personne extraordinaire, pour moi la meilleure des grand-mère qu’on puisse souhaiter.

Mamie&Josette

Ma Mamie était plein d’une bonté et d’une douceur originelle, elle était profondément dévouée à son rôle de grand-mère et elle nous a gâté et chéri de tout son cœur. Elle a fait de nos enfances de petits îlots idylliques, aujourd’hui partiellement désertés car les années passent, mais dont on garde un joli souvenir douillettement blotti dans un coin privilégié de notre conscience.

Michèle Robillard a été un vrai cadeau du ciel pour chacun de nous, il est certain qu’elle a laissé à son entourage le souvenir d’une femme tout à fait adorable, exceptionnelle. La foule présente à l’église jeudi 21 mars pour ses funérailles était bien la pour en témoigner, beaucoup de gens l’aimaient et tenaient à lui rendre hommage.

Mamie, j'te tire les cheveux

Je tenais également à lui rendre un hommage virtuel sur mon blog, car s’il y a bien quelqu’un qui a fait parti de ma vie qui est aussi un long voyage, c’est bien elle. Et même si au fil des kilomètres que j’ai parcouru ces derniers mois elle n’était pas concrètement présente sur le terrain, elle l’était en revanche bien par la pensée. Elle fait parti de nous tous, ses enfants et ses petits-enfants, elle a fait de nous ce que nous sommes et nous ne pouvons qu’être reconnaissant de l’Amour et de l’affection qu’elle nous a consacré.

Mamie Michèle, pour toujours…

Mamie Michèle & les ombres

La tournée des monastères de Moldova

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Piatra-Neamt → Târgu-Neamt → Falticeni

Cela fait bien longtemps que je n’ai plus donné de nouvelles sur le blog, il est probablement temps que j’y revienne, d’autant plus que cette dernière semaine a été forte en itinérance pédestre en campagne moldave roumaine et en doux sommeils réparateurs en monastères hospitaliers.

Marche ou Rêve / on the road again (il était temps…)

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Chose nouvelle et plus que bienvenue pour cette étape : je n’ai pas marcher seul (avec plus personne à qui faire la gueule), mais en très bonne compagnie en les charmantes personnes de Christelle-Laure (made in banlieue parisienne) et de Sybille (made in Solliès-Pont, capitale de la figue en France). Si j’ai eu le privilège de marcher avec elles c’est parce que j’ai publié en milieu de semaine dernière un post sur Couchsurfing proposant à qui voudrait de partir marcher avec moi en Moldova, afin de prendre l’air un bon coup, de découvrir cette jolie région roumaine et de voir ce qu’il en est de l’hospitalité dans les monastères. Les filles ont été les seules intéressées et c’est assez drôle qu’au final seules des concitoyennes françaises se soient manifestées. Nous sommes donc parti dimanche matin dernier (3 mars) par le premier bus, très tôt le matin à 6h, de Iasi pour Piatra-Neamt.

Le courant est de suite très bien passé au sein du trio et ces quelques jours de marche ont été un pur bonheur. Merci les filles !:)

Ça m’a fait énormément de bien de reprendre la route après un mois de vadrouille en milieu citadin sur lequel je reviendrai dans un prochain post, car à dire, il y a là aussi beaucoup ! Le fait de repartir seul à pied me gênait pas mal, pas que ça me déplaise au plus haut point de marcher seul, mais après 7 mois de baroudage en solo il était temps pour moi de traîner avec mes semblables, c’est tellement sympa de partager ces moment là en réalité, d’autant plus lorsque la compagnie est de si belle qualité !

Christelle-Laure est étudiante en médiation culturelle à Iasi, elle va avoir 21 ans cette année, elle est venu en Roumanie avec le programme Erasmus pour une année d’étude ici. C’est une fille très fraîche, très drôle, pleine de joie de vivre, vraiment très agréable ! Elle ma rappelle un peu ma petite sœur Alice n°2 (ma Lissoo ; il y a aussi Alice n°1, dit la nouille blonde, oui on est bizarre dans la famille…) de par ses couleurs, son allure, ses attitudes, sa manière de s’exprimer. Elle n’a marché avec nous que 2 jours car elle avait à faire à Iasi et est retourné la-bas en bus de Targu-Neamt.

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J’ai donc passé ces quelques derniers jours avec Sybille. J’avais jamais rencontré de Sybille auparavant, les sybilles dans la mythologie grecque c’est les femmes qui respiraient des vapeurs hallucinogènes dans des grottes et qui sous l’effet de celles-ci prédisaient l’avenir. C’est Sybille qui me l’a expliqué après que je l’ai questionné, parce que j’étais assez certain d’avoir déjà entendu parler de sybilles. Cette petite femme de 26 ans est tout aussi sympathique que la première. Elle est à Iasi pour une période de 6 mois, elle y termine sa thèse qui a pour sujet un poète roumain nommé Ghérasim Luca, qui a fuit le régime communiste roumain pour s’installer à Paris dans les années 50. Elle parle vraiment bien le roumain bien qu’elle ne soit la que depuis début février et je dois dire que l’avoir eu à mes côtés pendant ces quelques 5 jours de marche m’a été d’une grande aide pour ce qui est de la communication avec les locaux. Sybille est une fille très brillante, elle sort d’une ENS (école nationale supérieure), elle est agrégée de lettre depuis qu’elle a 23 ans, elle travaille actuellement sur sa thèse qui se doit d’être conséquente. Je l’admire beaucoup, je suis toujours assez impressionné par les gens qui ont un parcours aussi brillant. Elle est très cultivé et elle parle très bien, j’ai même appris des nouveaux mots de vocabulaire avec elle ! Je trouve ça plutôt cool d’enrichir mes connaissances de la langue française en Roumanie. J’ai aimé voyager avec elle, car c’est une personne très posée, très sereine, c’est une partenaire de voyage assez idéale en vérité. On a parfois lu ensemble le soir dans la chambre, soit c’était moi qui lisait à haute voix, soit c’était elle, c’était quelque chose de nouveau pour moi, d’assez inhabituel, mais j’ai beaucoup aimé ça ! C’est une forme de lien social et de partage très enrichissant et je doute que beaucoup de gens pratiquent encore la lecture contée.

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Le premier jour (dimanche 3 mars) nous avons marché de Piatra-Neamt au monastère d’Horaita qui se trouve au milieu de la forêt. Nous avons suivi les petites routes blanches indiquées sur la carte qui correspondent aux petites routes de campagne secondaire et sur lesquelles il y a en général une très faible circulation. La journée a été magnifique, plein soleil sur fond de grand ciel bleu, sans qu’il fasse pour autant très chaud, nous ne sommes qu’au début du mois de mars et c’est la Moldova, il y fait encore relativement froid et une épaisse couche de neige recouvre encore en grande partie la campagne. Nous avons a un moment donné en milieu d’après-midi effectué une portion de route en autostop pour rebrousser chemin : nous voulions passer par le parc naturel Vânatori-Neamt mais les locaux du village de Cuejdiu nous ont déconseillé de passer par la car la route n’était pas déneigée et ce n’était du coup pas praticable. Dans ce village, une sympathique mémé roumaine nous a même offert quelques douceurs locales. Un jeune père de famille nommé Dan nous a donc pris en stop a même fait un petit détour pour nous déposer à Almas plus au nord pour ensuite rejoindre le monastère. Nous sommes tout d’abord passé par le monastère de Schitul-Almas pour demander l’hospitalité mais il n’avaient la pas la possibilité de nous accueillir pour la nuit. Un des frères nous a quand même dispensé une petite visite guidée de l’église du monastère. Nous avons ensuite repris la route le long d’une route terreuse traversant la forêt jusqu’à arriver au monastère d’Horaita où nous avons été pris en charge par une adorable sœur nommée Elena. Elle s’est occupé de nous, nous a montré notre chambre, a allumé du feu dans le poêle, nous a servi à manger… elle a été super avec nous. Les filles ont pas mal parlé avec elle, moi j’écoutai, mon niveau de roumain étant encore très petit (eu nu vorbesk bine romaneste… Iti arunc chiloti miei).

Le lendemain (lundi 4 mars) nous avons tracé la route jusqu’à Târgu-Neamt où nous espérions trouvé refuge pour la nuit dans une église, les environs de cette petite ville étant plutôt dépourvu de monastères. Pas de bonus automobile en cette belle journée du lundi, nous avons donc beaucoup marché et nous étions tous 3 très fatigués sur la fin de la journée. N’ayant pas trouvé d’endroit où crécher cette nuit la à Târgu-Neamt, nous avons pris un bus pour le monastère de Varatec. Le rapport n’a pas du tout été le même cette fois-ci : un type nous attendait à la sortie du bus, il ne nous a pas même adressé la parole, nous a juste fait signe de le suivre jusqu’aux chambres-dortoirs du monastère où une sœur nous a ouvert la porte d’une confortable chambre à 3 lits. Ce soir-la nous avons payé 80 leis à 3 pour dormir, ce qui représente 20 euros en tout, soit un peu plus de 6 euros par personne, ce qui est peu cher. Dans la foulée nous sommes allés au restaurant du coin pour manger ce soir là.

Le jour qui a suivi (mardi 5 mars) Christelle nous a quitté :( Les impératifs de la vie étudiante rattrapent parfois le jeune fille éprise de liberté pour la rappeler à ses devoirs. Après avoir salué notre chère compagne nous avons continué notre route en duo avec l’Amie Sybille. Nous suivons comme toujours les petites routes de campagne, les petites blanches paisibles, parfois boueuses et accidentées. Nous avons eu la chance ce jour la de croiser la route de 2 locaux qui nous ont avancé sur quelques kms à bord de leur charrette à cheval, c’était une très chouette expérience, ça m’a rappelé au bon souvenir de mon hôte de Galda de Jos en Transylvanie, Sorian, qui avait lui aussi une charrette avec un cheval et qui m’a promené dans les rues du village à bord de son engin. Nous sommes arrivés ce jour-là au monastère de Grosi, peu après le couché du soleil. Nous avons été très bien accueillit par la cuisinière et un des frères. Ils nous ont directement mis à table car nous sommes arrivés à l’heure du repas. D’autres personnes mangeaient là aussi car ce monastère accueille aussi à mon avis des personnes dans le besoin, ayant un retard mental… Le frère nous a ouvert les portes de notre chambre après le repas et nous nous sommes couchés relativement tôt après avoir lu un extrait de mon livre « Walden ou la vie dans les bois ».

Mercredi (6 mars) nous avons marché jusqu’au monastère de Rasca, nous y sommes arrivés en fin d’après-midi sous une magnifique lumière, le soleil irradiant d’une chaude lumière les environs et déclinant au fur et à mesure que nous avancions. Nous avons eu droit une fois de plus en cette belle journée à un petit tour de charrette. Nous avons été ce soir la nourri comme des rois, une des sœurs du monastère nous a servi un repas délicieux et n’a pas lésiné sur la présentation. Tout était la, même du vin blanc et du zuika (alcool de prune, très apprécié ici, trop même parfois…).

La journée du jeudi (7 mars) marque la dernière étape pédestre de notre voyage. Nous avons rejoint Falticeni puis nous avons continué de marcher jusqu’à un monastère niché au sein d’une forêt. Nous avons rallié celui-ci sur les conseils de quelques personnes qui nous avaient affirmé que nous pourrions être hébergé la-bas. Une voiture de police nous a rapproché en fin d’après-midi de notre destination. J’ai pensé tout d’abord à un contrôle de police quand ils se sont arrêté à notre niveau, au final ils voulaient juste savoir ce qu’on faisait là (du coup c’était quand même peut-être un peu un contrôle…), ma super compagne de voyage qui gère grave le roumain leur a expliqué et ils nous ont proposé de nous prendre dans leur voiture. Comme il se faisait tard et que nous avions encore beaucoup de route à faire, nous avons volontiers accepté. Malheureusement les sœur du monastère n’ont pas pu nous accueillir car les les dortoirs destinés aux gens de passage en demande d’hospitalité avaient été démoli peu de temps auparavant. Finalement après avoir tenter en vain de nous incruster chez les locaux environnant nous avons fait du stop pour rallier Falticeni où nous avons passé la nuit dans un petit hôtel 2 étoiles pas trop cher.

Retour en milieu citadin le vendredi (8 mars). Nous avons eu de justesse ce matin la le bus qui reliait Falticeni à Iasi. Nous sommes arrivés relativement tôt à Iasi, peu avant midi. Chacun est alors retourné à ses occupations et nous nous sommes retrouvés tous les 3 Sibylle, Christelle-Laure et moi pour une soirée nocturne festive à l’Underground.

Enfin, j’ai drôlement apprécié ces quelques 5 jours de marche passés en la compagnie de ces 2 adorables personnes. Cela fait quelque temps que le fait de marcher seul me pèse un peu et c’est pourquoi j’ai depuis le mois de février tendance à m’installer pour plusieurs jours dans les villes. Je suis resté 3 semaines à Cluj-Napoca, j’ai baptisé de manière ironique cette partie de mon voyage, ma phase de décadence urbaine:) Je suis vraiment tombé amoureux de Cluj, j’ai beaucoup à dire la-dessus et je publierai bientôt un article sur cette période la ainsi que sur mes premiers pas en Roumanie à marcher entre Deva et Cluj. Tout ça remonte à la fin janvier/début février, mais tout est encore relativement clair dans mon esprit. Une belle chose de ce voyage est que la routine n’existe pas, tout est nouveau et surprenant parfois et ces choses s’inscrivent de manière indélébile dans mon esprit. Je me laisse guider au fil des rencontres, par des gens extraordinaires la plupart du temps.

Et on se finit en musique sur 2 titre de « Mamas and the Papas », parce que parfois je marche en musique et pendant ces quelques jours je les ai beaucoup écouté :

You gotta go where you wanna go

Do what you wanna do

With whoever you wanna do it with 

D’Italie en Europe de l’Est (Hongrie – Roumanie)

Intro Photo : Entre Urbino et San Marino

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Urbino → Bologna → Budapest (Hongrie) → Deva (Roumanie)

2013 commence en grand rebondissements géographiques, un saut de quelques centaines de kilomètres ayant été effectué en quelques jours seulement ! Eh oui, le confort et la tranquillité des moyens de transport motorisés ont été mis à contribution pour cause d’heureuses retrouvailles en pays roumain, afin de participer en bonne et charmante compagnie à un mariage américano-roumain.

Tout a commencé il y a de cela quelque semaine, par le biais de reprises de contact virtuel avec une personne chère, qui a beaucoup compté, compte encore et comptera toujours pour moi. Iulia fut concrètement mon amoureuse pendant les quelques 6 derniers mois de ma vie berlinoise (décembre – juin 2011), les quelques 1 ans et demi qui suivirent sont difficilement assimilables à une relation suivie, la distance creusant les écarts, compliquant les rapports… :( Elle s’est toujours beaucoup bougé pour moi, a fait de gros efforts, que je n’ai pas su reconnaître et apprécier à leur juste valeur sur le moment, borné dans une sorte d’egoisme, égocentrisme, « égomerdisme » qui me satisfaisait probablement mais en blessait d’autres. J’ai eu un moment d’hésitation courant décembre au sujet du voyage Italie-Roumanie, puis après une conversation pimentée via Skype et après quelques véridiques remontrances made in iuli, j’ai repris le « droit chemin » et ai fini par me procurer dans un premier temps un aller simple pour Budapest en Hongrie ou Iulia arriverait en avion de Berlin le 17 janvier. C’est ainsi que mes vœux de marcheur puritain ont été violés et que je me suis retrouvé usagé des transports en commun, mais je dois reconnaître que ça en valait grandement la chandelle !

Tout d’abord, retour en saison et fin d’année précédente pour résumer les quelques dernières nouvelles du front italien. J’en étais resté à un séjour urbinois enchanté en la demeure de Mademoiselle Orlandi, hôte d’envergure qui a remplit d’étoiles les quelques derniers jours de mon séjour italien, allant jusqu’à venir me chercher le 25 décembre à Longiano (Emilia-Romagna) à bord de sa petite smart rouge et noire, parcourant quelques 200 kms aller-retour pour que je puisse passer Noël en famille, dans sa grande et sympathique famille qui m’a nourrit all’italienne, comme il se doit et comme on sait bien le faire dans ce merveilleux pays : à grand ravitaillement de lasagna, pasta, torone et autres délices locaux qui ont enchanté mes papilles ! Quelques jours supplémentaires ont été ainsi ajouté au compteur de mon séjour urbinois ; l’attention que Chiara a eu à ce moment là pour moi m’a beaucoup touché et on s’est tellement bien entendu que je suis resté encore chez elle quelques jours.

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Cette fin du mois de décembre marque aussi le début d’un grand voyage en train et bus, puisque je me suis laissé ainsi porté tout d’abord de Urbino à Bologna où je suis resté près de 2 semaines chez Silvio (plus longue eCSpérience – ou expérience CouchSurfing – qui alors n’est plus de l’hospitalité mais une sorte de squattage/collocation « imposée »), puis de Bologna à Budapest, où je suis resté 5 jours chez Nora (une fois de plus j’ai joué les prolongations, l’hospitalité et la compagnie étant de trop bonne qualité) et enfin de Budapest à Deva où nous sommes arrivé ensemble avec Iulia vendredi dernier (18 janvier 2013).

Mon long séjour bolognais m’a permis de me reposer un looong moment, de prendre quelques « vacances » (c’est chien de dire ça… je pense à vous les travailleurs!) en attendant de partir pour l’Europe de l’Est. J’ai atterris à Bologne dans une joyeuse collocation de 4 gars plein d’avenir, excellents ! J’aurai pas pu mieux tomber, j’en suis certain ! Leur maison située en périphérie proche du centre de Bologne est assez unique en son genre, elle se trouve au cœur d’un petit bout de campagne, environnée de champs, au calme. C’est un endroit vraiment chouette que les gens ont surnommé l’isola (l’île), tout en étant proche du centre cet endroit est paisible et agréable. Grand Casino (casino en italien ça veut dire bazar) à l’appartement, un peu à l’image de ma chambre, désordonnée la plupart du temps, ce qui fait que je me suis très vite sentit comme chez moi !:) La soirée de la Saint-Sylvestre passée la-bas a été merveilleuse. J’ai crains une guerre du pétard/feu d’artifices à la berlinoise, mais il n’en fut rien : l’ambiance sur la Piazza Maggiore était très bonne et la fête s’est passée sans débordements, dans la joie et la bonne humeur !

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Les jours qui ont suivi sont à l’image d’un long fleuve tranquille, oscillant entre geekage virtuel, sorties citadines et bons moments passés entre amis, pura felicità ! Le groupe dans lequel joue Silvio, Levolken, est venu répété à l’Isola. Le son qu’ils créent tous ensemble est vraiment excellent, je suis vraiment fan, voici mon morceau favori :

 

https://soundcloud.com/levolken/the-rite

 

 

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J’ai quitté la maison du bonheur bolognais le 11 janvier pour prendre le bus en fin d’après-midi à la gare routière de Bologne. Mon pôte Aurelia est venu avec moi, j’ai été vraiment content qu’il m’accompagne dans mes derniers instants bolognais, c’est un type excellent qui du haut de ses 22 ans a déjà vu et vécu beaucoup de choses, il a une grande sagesse en lui, c’est impressionnant, il est très intéressant, pose un vrai regard sincère sur les choses qui l’entourent. Je le reverrai surement à Girona en Espagne (Catalogne) quand je serai retourné au pays. Nous avons beaucoup parlé ensemble de l’idée de créer une micro-communauté alternative, dans une société dans laquelle beaucoup de choses ne tournent pas rond. J’en ai d’ailleurs plus concrètement pris conscience après avoir vu un film absolument magnifique à Budapest, Samsara :

 

http://www.youtube.com/watch?v=qp967YAAdNk

 

C’est un superbe hommage à notre belle planète et une très bonne critique du genre humain dans tout ce que la société capitaliste, consommatrice, matérialiste a fait de lui (un bon bout est consacré à la production alimentaire de masse, c’est répugnant…).

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Les quelques 5 jours passés à Budapest ont été une belle transition vers un environnement est-européen bien différent de ce que j’avais vu jusque là. Je me suis retrouvé plongé dans un univers plus paisible et plus mystérieux que celui dans lequel j’évoluai en Italie. En Hongrie, à Budapest du moins, on a affaire à une mentalité autre, les gens sont beaucoup plus introvertis, moins expressifs. Ça fait bizarre au premier abord… Puis j’ai rencontré Nora, mon hôte CouchSurfing, fille adorable débordant de naturel, sans superficies, sans rajouts inutiles. Ça fait plaisir de rencontrer des gens comme ça, une personnalité originelle et authentique. Séjour à Budapest à la cool comme toujours, sans sessions touristiques intensives, mais en flânerie sensorielles générales, en captage spirituel d’une ville, d’un lieu, superposition de souvenirs de qualité. Budapest en hiver fait l’effet d’une ville calme et vide (un peu à la berlinoise) : les espaces sont ouverts et aérés offrant de superbes panorama le long du large et majestueux Danube. Très belle soirée/nuit festive passée le soir de mon arrivée avec Nora et ses amis en première partie et un groupe de personnes de CouchSurfing ayant organisé un meeting dans un club budapestois, le Trafiq. C’est paraît-il « posh », mais moi j’ai bien aimé, je me fous que les gens soient habillé à la chic, ça ne veut pas dire qu’ils sont pour autant superficiels, j’essaie moi-même d’être chic ou du moins présentable quand je suis pas en mode baroudeur. « L’habit ne fait pas le moine » comme on dit et c’est une expression très vrai en laquelle je crois vraiment, parce que j’ai été amené à côtoyer durant mon voyage bon nombre de personnes issus de milieux différents, ayant des styles différents et on trouve toujours quelque chose d’intéressant et de touchant parfois même en parlant avec les gens.

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J’ai récupéré ma iuli à l’aéroport de Budapest le 17 janvier vers 16h, nous sommes allés de là à la gare ferroviaire et avons pris un train pour Deva en début de soirée, après avoir mangé un gulash assez correct au restaurant. Nous sommes arrivés 7 heures plus tard à destination, Iulia a récupéré des clés chez son grand-oncle Poppa et nous sommes allés nous installé dans la confortable maison de sa grand-mère absente à ce moment là, car vivant à Berlin une bonne partie de l’année. Nous avons fait un peu de tourisme le lendemain, Iulia m’a ainsi présenté sa ville natale dominée par une colline, surmonté d’une citadelle en grande partie détruite durant la seconde guerre mondiale, car étant à ce moment là un entrepôt de munitions elle fut la cible de bombardement. Le nom de la ville est inscrit en grosses lettres à la hollywoodienne juste en dessous des murs de la citadelle. Le samedi 19 janvier à 13h a eu lieu la cérémonie du mariage, Anda a épousé Mike, ils se sont rencontré aux Etats-Unis il y a un peu plus de 2 ans, lui est américain, elle est roumaine et ne peut de ce fait pas résidé indéfiniment sur le sol américain. Etant donné qu’ils s’aiment et qu’ils souhaitent vivre ensemble aux states ils se sont mariés afin qu’Anda ait le droit de séjourner la-bas sans limite de temps. Mais bien qu’ils soient aujourd’hui marié, c’est une longue et compliquée procédure pour lui obtenir un visa permanent et il se peut que les deux tourtereaux ne se voient pas durant les 6/12 prochains mois, Mike devant prouver aux autorités de son pays que le mariage est réel et sincère, que ce n’en est pas un arrangé destiné à obtenir à Anda un visa permanent, qu’ils s’aiment réellement et veulent vivre ensemble…etc un vrai bordel en définitive.

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Ça a été une belle cérémonie et une grande fête! J’ai mangé comme un ogre, les roumains pour les mariages voient large et les plats (à base de viande beaucoup) se sont suivi tout au long de l’après-midi entrecoupé par des instants dansant très sympas. Anda était vraiment très belle dans sa robe rose claire, c’est une fille extra, d’une grande gentillesse, souriante et douce, ça m’étonne pas qu’elle soit une bonne amie de iulia, elles ont un tempérament relativement similaire.

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Nous avons dormi jusque tard le dimanche, sommes sorti pour aller à la gare, chercher un billet de train pour Budapest pour iulia. Elle a ensuite fait quelques visites familiales pendant que je m’occupais de photoshoper quelques photos de mariage à la maison pour Anda et Mike. Le soir nous sommes allés dans un très bon restaurant avec les mariés et leurs parents, c’était très sympa. Puis nous avons passé nos quelques dernière heures ensemble tranquillement à la maison de Mamie en attendant que le taxi vienne chercher iulia pour l’amener à la gare, vers 2h30 du matin. Je suis resté dormir seul à la maison cette nuit là et je suis parti le matin après avoir pris un café avec Poppa. Comme d’habitude c’est séquence émotion dès qu’il s’agit de se séparer, c’est toujours la même chose, le problème étant que j’ai trop la bougeotte et que je ne veux pour le moment pas me fixer à Berlin ou ailleurs. Ma Iuli ça aurait été la femme de ma vie sédentaire, je l’aime beaucoup beaucoup, elle m’a permis d’évoluer, de me corriger aussi et je lui en suis très reconnaissant. Elle a les pieds sur terre et la tête sur les épaules, elle est honnête, généreuse, altruiste… et j’en passe.

Un Ange! Ein Engel ! An Angel ! Un Angelo ! O Înger !

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Teramo – Ancona – Urbino – San Marino

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Après cet agréable semaine de repos passée à Teramo chez mon Ami Pierro j’ai repris la route avec celui-ci en direction de Civitella del Tronto. Nous sommes partis de chez lui à la mi-journée pour arriver à Civitella en fin d’après-midi. Cette petite ville italienne plantée dans les hauteurs offre un superbe panorama sur la région de l’Abruzzo, elle est elle-même un petit bijoux qui m’a un peu rappelée la ville de Sarlat (24 – Dordogne) de par l’agencement et l’étroitesse de ses rues (la rue la plus étroite d’Italie s’y trouve). Nous avons dormi ce soir là sous la tente dans le jardin d’un Monsieur. Nous avons visité la ville de nuit et avons rencontré sur la place sœur Pierrina qui est allemande et qui vit à Civitella au sein d’une communauté religieuse. Une femme rayonnante et adorable qui a parlé avec nous un bon moment et nous a offert une petite représentation du tableau la vierge marie situé dans l’église de sa communauté. C’est une habitude chez les religieux d’offrir des petites cartes de ce genre représentant l’objet significatif propre à leur église. Sœur Pierrina nous a offert de venir boire le thé, mais nous avec Pierro on voulait aller manger plutôt alors on a gentiment refuser pour dans la foulée aller au resto. On y a mangé une très bonne pizza et une pannacotta aux fruits rouges, j’adore ça la pannacotta c’est trop, trop bon ! Nous sommes ensuite allé dormir dans ma petite tente, c’est passé mais c’était limite quand même, heureusement que Pierro n’est pas un gros gabarit. La dernière fois que j’avais dormi avec quelqu’un dans ma tente, c’était avec mon père en Août dernier dans la Drôme avec mon père, ça en faisait deux comme moi, parce que même taille même gabarit avec Papa Jean-Luc, pour le coup c’était vraiment étroit, tant et tellement que cette nuit là je me rappelle avoir fait une petite crise de claustrophobie… 

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Pierro & Moi - dyptique café - web

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Le lendemain nous avons tout remballé, sommes allé boire un dernier café et nos chemin se sont ensuite séparé Pierro rentrant à Teramo et moi allant en direction de la côte pour respirer un peu d’air marin provenant de l’Adriatique. J’ai vraiment passé de bons moments avec Pierre-Luca, c’était trop cool de marcher avec lui et on aurait bien aimé faire un peu plus de route ensemble mais lui doit étudier et travailler, pas la bonne période donc, ce sera pour une prochaine fois peut-être ?

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J’ai donc continué à marcher seul avec toujours plus personne à qui faire la gueule (ça c’est mon fanatisme pour les chansons de Mano Solo) en direction de Contro-Guerra où je suis arrivé dans la soirée alors qu’il faisait déjà sombre. Faut d’ailleurs que j’arrête de marcher quand il fait noir parce qu’il y a trop de fous du volant dans ce pays, c’est de jour déjà pas hyper secure alors de nuit… trop de gens conduisent comme je le faisais quand je jouais à Gran Turismo sur la Playstation, j’ai que ça comme élément de comparaison, j’ai pas le permis. Ils se croient sur un circuit de Rallye, les lignes blanches n’existent plus dans les courbes et c’est flippant. Quand aux écarts que peuvent faire certains pour me dépasser c’est à peine si ils sont remarquables, combien de fois me suis-je fais rasé par des blaireaux imprudents. Alors comme souvent je gueule et je lève le doigt. Bref, italien au volant, marcheur serre bien sur le bas-côté.

A Contro-Guerra j’ai été pris en charge par le suppléant au maire, ou vice-maire, avec qui nous avons frappés à quelques portes, passé quelques coups de fils pour que je finisse ma journée et passe ma nuit dans les vestiaires du gymnase de la ville. C’était nickel ! Après m’être douché et changé je suis allé rejoindre Gabriel le vice-maire super altruiste et ses collègues de la mairie qui s’occupaient du dépouillement des urnes du vote des primaires socialistes italiennes « Riscrivi l’Italia ». C’était intéressant d’assister à une séance de dépouillement d’urnes, tout ça faisait très solennel, il ne fallait surtout pas faire de bruit pour pas déconcentré les compteurs. Au final un bulletin manquait alors ils ont cherché partout dans le petit bureau de vote, en vain… Le candidat qui a été élu est Bersani, la majorité des voies de la ville de Contro-Guerra allaient à Rienzi. Nous on a eu Hollande, je sais d’ailleurs pas ce qu’il en est de la politique au pays, je suis grave déconnecté depuis que je suis parti.

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Spéciale dédicace à l’Ami Giacommo (ci-dessus), cousin du bienfaiteur Gabriel, qui m’a lâché 5 euros parce qu’il s’en voulait de ne pas m’avoir accueilli le soir précédent lorsque nous nous sommes rencontrés. Un Grand homme, généreux et sensible!

Après cette sympathique halte dans cette charmante petite ville aux limites de l’Abruzzo, je suis passé dans une nouvelle région : le Marche. Je marches donc dans le Marche :) J’ai retrouvé la Mer après des semaines passées au cœur de l’Italie que j’avais du coup traversé d’Ouest en Est. C’est d’ailleurs un drôle de sentiment, très satisfaisant de se dire qu’on a traversé un pays à pied, tranquillement, paisiblement, sereinement (encore que les bagnoles me tapent sur les nerfs malheureusement… quand je serai président on les brulera toutes ! Dictature de la marche à pied et du vélo ! Green Power Baby!). J’ai longé la côte jusqu’à Ancona qui est la ville la plus importante du Marche. Ca m’a quand même pris une bonne semaine le long d’une route pas très coole avant d’arriver la. A part en certains endroits où j’ai pu suivre ce qu’ils appellent ici le lungoamare (le long de la mer) qui consiste en deux voies piétonnes et cyclables super bien aménagées, le reste s’est fait en bord de route équivalent nationale française, bondée de voitures. Ça s’est calmé un peu avant Ancona au niveau de Porto-Recannatti. La route est devenu plus tranquille et aussi plus belle dominant la mer de plusieurs mètres et offrant une vue plus intéressante sur le paysage environnant. Je me suis rendu compte que la côte me plaisait moyennement finalement, ça paraît moins authentique que l’intérieur des terres, un peu surfait et superficielle, mais ça c’est pas nouveau, c’est une caractéristique que l’on retrouve souvent sur les bords de mers, cités balnéaires touristiques sur les plages desquelles la populace vient se faire dorer la pilule. Les highlights de cette semaine côtière en matière d’hospitalité furent l’accueil reçu dans les petites ville de Pedaso et de Numana. Don Ubaldo qui à Pédaso m’a ouvert la salle de catéchisme pour que j’y passe ma nuit et qui m’a invité à sa table le lendemain midi en compagnie de son associé prêtre venu de Martinique. Il m’a offert un repas succulent avec des spaghettis en entrée et un excellent plat de poisson en plat principal. Je suis reparti plein d’énergie, toit frais, comme neuf ! Don Ubaldo s’est occupé des scouts pendant un temps et il m’a donné quelques trucs utiles de baroudeurs : il faudrait apparemment dormir dans son sac de couchage avec les vêtements à l’envers, si ils ont été porté pendant la journée, pour éviter d’avoir froid car la peau sécrète une graisse qui se dépose sur le tissu et se refroidit pendant la nuit. Du coup tu retournes tes vêtements et cet fine couche de graisse froide t’ennuies pas !:)

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A Numana j’ai été accueilli par Don Mario et Greta, dame polonaise qui s’occupe de lui faire la cuisine, deux personnes adorables, pleines de sérénité et de bonne et sincère générosité, qui m’ont accueilli avec un réel plaisir et m’ont offert un délicieux repas préparé par Greta. Si j’avais une mamie en Pologne j’voudrais qu’elle soit comme ça ! Le lendemain matin rebelote : soupe riche en légumes pleins de bonnes vitamines, « alla polonese » encore, trop bon ! Greta s’est super bien occupé de moi, elle m’a bien nourri, nous avons discuté un moment aussi, elle m’a explique qu’elle était en Italie depuis 10 ans parce que sa fille était venu étudié la et qu’elle l’avait suivi parce qu’elle ne voulait pas que sa petite finisse sur le trottoir… parano maternelle ou réalité mafios’italienne, je sais pas, toujours est-il que c’est une femme adorable, émouvante, très dévouée qui doit être une super Maman et une super Mamie (Mamie Michèle en version polonaise).

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J’ai passé ma première nuit à Ancona à l’auberge de jeunesse, n’ayant pas trouvé de paroisse hospitalière pour cette fois. Le jour suivant j’ai retrouvé Ike vers la fin d’après-midi, il m’a récupéré en voiture près de la gare et nous sommes allé chez lui. Je suis resté deux nuits la, c’était bon de se reposer et de retrouver un peu de confort. Ike est en plus un type excellent, on s’est tellement bien entendu ! C’est le genre de gars qui pourrait devenir un vraiment bon pôte, le courant est très bien passé. Au début je flippai un peu d’aller chez lui parce qu’il était écrit dans son profil CouchSurfing que les personnes qui venaient dormir chez lui dormaient avec lui parce qu’il n’a pas beaucoup d’espace chez lui. Sachant qu’Ike est homosexuel, j’me suis dis houla ! Je voudrais pas passer à la casserole ! Du coup par mail je lui avais écris que je dormirai sur mon matelas gonflable, mais il m’a rassuré en me disant que ça craignait rien, qu’il ne cherchait pas de Sexy Time via CouchSurfing (parce qu’attention ça se fait… on dit CS Hospitalité, mais pas que parfois…) mais à rencontrer des gens sympas. Du coup j’ai dormi en tout bien tout honneur dans le même lit que l’ami Ike, je n’ai pas du tout eu affaire à un pervers, mais à un gars très respectueux, pas bête du tout, Monieur est Professeur titulaire d’un doctorat en pisciculture, il sait de quoi il parle quand il s’agit de poissons ! J’ai profité des deux jours de repos chez Ike pour alléger un peu mon lourd sac à dos, je me suis débarrassé de quelques éléments superficiels et j’ai du coup plus de place et moins de poids, pas encore au top de la masse sur le dos mais ça va quand même beaucoup mieux.

Je suis parti de chez Ike et ai quitté Ancona Lundi dernier en début d’aprêm, direction Urbino. Fini la côte et bonjour l’intérieur des terres. J’ai passé toutes mes nuits froides sous la tente sauf à Fratte Rosa à une trentaine de kms d’Urbino où l’on m’a ouvert ce que je pense être la salle des fêtes. J’ai eu droit ce matin là à un bon café un bon gâteau gracieusement offert pas la dame du pressing de la place du village qui m’avait ouvert la salle le soir précédent. Ces quelques derniers jours de marche ont été teinté d’un peu de mélancolie, petit coup de blues hivernal probablement : le froid, la solitude, la pluie, la grisaille… tous ces éléments ont un peu fait chuté le moral. Depuis vendredi tout va bien mieux, j’ai passé une bonne journée, j’ai marché comme un passionné débordant d’énergie et j’ai torché plus ou moins 35 kms dans la journée, mon record italien ! J’ai suivi une route montagnarde très agréable, au calme dans les hauteurs de Fassombronne entre le col de Cézanne et Urbino, offrant une vue superbe sur les plaines du Marche, même si un peu nuageux, c’était très beau ! Je suis arrivé le soir un peu séché chez mon hôte Chiara, petite femme de 38 ans, biologiste moléculaire qui travaille pour l’université d’Urbino sur le virus du Sida, d’après ce que j’ai vu dans un article scientifique publié par elle et ses confrères, ça a l’air drôlement pointu ! Moi j’y pige rien, pas parce que c’est écrit en anglais, mais toutes ces formules abstraites c’est du chinois pour mon esprit si peu logique, formaté aux langues étrangères. Parce qu’attention ! Je voudrais pas me jeter des fleurs (juste quelques unes alors…) mais je gère grave en italien ! Je parle pas méga couramment mais cette très belle langue qui est si proche de la notre s’assimile plutôt repidement en fait. Faut dire que les langues étrangères ça a toujours été mon fort (encore quelques fleurs, c’était les dernières, j’arrête…). ;)

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Encore une fois quelle bonheur de retrouver un peu de confort, surtout après une journée de marche intensive comme celle d’hier. J’avais les pieds et les jambes en compote. Chiara m’a préparé un plat de pâtes fusilli (attention la variété a son importantce ici!) à la vodka/sauce tomate/prociutto (jambon), trop bon ! Après elle m’a sorti sa machine à bain de pied vibrant aux huiles essentiels et m’a fait une bonne tisane, bref… le pied !:) Elle est adorable, c’est une hôte 5 étoiles, elle m’a laissé son lit et a dormi sur le canapé. Moi ça me gênait un peu quand même, mais elle a insisté… alors voilà, j’ai ainsi dormi dans un lit super confortable avec pleins d’oreillers moelleux. :) J’ai passé une grande partie de ma journée du samedi à l’appartement attendant que Chiara revienne de quelques heures de ménages qu’elle effectue de temps en temps chez une dame. Je trouve ça moche quand même qu’une personne brillante qui a déjà un boulot hyper spécialisé en biologie doive faire des heures supplémentaires le week-end pour arrondir les fins de mois :( Je crois bien que le budget recherche en Italie vole bien bas… Chiara revenu nous avons trainé un moment à la maison puis sommes allé faire un peu de tourisme dans Urbino, alors qu’il faisait déjà nuit. La soirée s’est passée tranquillement, j’ai fais des crêpes, nous avons bien mangé !:) Le lendemain aussi d’ailleurs ! Nous avons mangé toute la journée du dimanche car Chiara avait ce jour la un repas de Noël avec son groupe de joggeurs/marathoniens. Ca a trainé en longueur à grand ravitaillement de plats à base de poissons, mais c’était bien, animé mais reposant. J’ai rencontré à ce repas Claudio, Frère Claudio, un gars excellent hyper-connecté bien que religieux, l’un n’empêche pas l’autre de nos jours.

Dans la foulée, 2h après être sortis de table nous sommes allé manger chez Michel et Sylvia, un couple d’amis à Chiara. La base du repas préparé ce soir la pas Michel était la fin du monde, il nous a donc servi une série de petits plats délicieux aux noms détonnants dont voici la composition :

eotw dinner

Nous sommes rentrés bien tard et la pauvre Chiaretta a quand même du se lever tôt pendant que moi je pouvais longuement glander au lit, c’est pas juste la vie active… Lundi trainard encore, j’aime trop mes périodes de repos d’intérieur pour mettre le nez dehors, j’en profite du coup ! Petite sortie tout de même vers la fin d’après-midi pour retrouver l’ami Claudio et prendre un café ensemble. Nous avons discuté de la route que je pouvais suivre pour sortir d’Urbino et prendre en direction de San Marino. Il m’a ensuite emmené dans sa voiture à l’hôpital pour que j’assiste à sa messe express qui ne dure que 20 ou 30 mins maximum. C’est bref, édulcoré, plus percutant, moins écrasé par des textes bibliques lourds, interactif même car Claudio s’adresse beaucoup au public, il m’a même fait une petite dédicace en ajoutant que lui aussi s’il n’avait pas choisi la voie de la religion, il aurait également été une sorte de « clochard » itinérant. Il m’a ramené chez Chiara après la messe, j’ai passé ma dernière soirée avec ma merveilleuse hôte qui m’aura tellement gâté pendant ces 3 jours ! Une femme incréyable (c’est normal le é à la place du o, ça me rappelle Baptiste d’Arzachena en Sardaigne qui disait comme ça avec son accent italien, ça sonnait cool), vraiment adorable, forte et sensible à la fois, avec qui le courant est bien passé et que je n’oublierai jamais.

Le lendemain, Mardi 18 décembre, décollage tardif d’Urbino après dernier café pris avec Claudio dans son monastère et visite du campanile de celui-ci en haut duquel nous avons eu droit à un magnifique couché de soleil sur Urbino, inoubliable ! Nous sommes sortis pour que Claudio m’emmène dans sa voiture à quelques kilomètres d’Urbino, la route sortant de la ville n’étant pas sure de nuit. Nous nous sommes séparés à Castèl-Cavallino où Claudio m’a préalablement montré la maisonnette dans laquelle il avait vécu plus jeune. J’ai fais ce soir la la route à pied entre Castèl-Cavallino et Ca’Gallo, j’ai dormi sous ma tente dans les jardin de la maison paroissiale du village, nuit relativement froide, l’hiver commence à se faire sentir. Réveil ensoleillé et surprenant introduit par une offrande bienvenu, à savoir : un café chaud et un croissant, gentiment proposé par les gars qui s’occupaient des travaux sur le toit de l’église et qui se souciaient de savoir si j’avais bien passé la nuit. Ce jour la j’ai marché le long d’une magnifique route dominant le Marche timidement montagneux jusqu’à Mercatino, où j’ai été accueilli par le sympathique Don Marino qui m’a ouvert les portes d’une salle de la maison paroissiale. J’ai passé ma fin de matinée/début d’après-midi dans un petit bar où j’ai squatté le wifi pour poster ma carte postale à Tanguy Delamotte et ainsi participer au jeu-concours photo lancé par initiative cœurs pour peut-être gagné un mini ipad (je trouve que ça pourrait être fort utile dans mon voyage) ou une Wii U (mais alors ça je m’en fou…). J’ai essayé de motiver les troupes pour avoir un max de « j’aime », si ça vous dis de voter pour moi voici d’ailleurs le lien, n’hésitez pas, ça me fait plaisir ;)

J’me suis farci dans la foulée vers les 14h30 les 12 kms qui me séparaient de l’état de San Marino qui n’est plus l’Italie mais un petit état indépendant comme Monaco peut l’être en France. Je crèche ici dans un appartements 3 pièces superbes réservé au père supérieur qui ne vient ici qu’une fois par an. C’est génial, merci Don Roberto !:) Hier (vendredi 21 décembre 2012, jour j de la fin du monde…) j’ai fais un peu de tourisme dans la ville de San Marino, j’ai visité le musée d’état dont l’entrée est gratuite et où j’ai rencontré une dame française mariée à un saint-marinois depuis 1978 et qui du coup à la nationalité saint-marinoise. Elle m’a un peu expliqué comment fonctionnait ce petit état indépendant de l’Italie. La journée a été neigeuse, c’était sympa de se balader en ville sous les flocons, mais c’était dommage de ne pas voir les paysages alentours du haut des 3 tours dominant la ville. 

L’Aquila / San-Pietro / Ortolano / Teramo

 

 

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Après 2 bonnes nuits passées à l’abri d’une agréable et confortable chambre de la maison paroissiale de L’Aquila, je suis reparti le samedi matin vers le nord en direction de Teramo. J’ai rapidement rejoins un sentier pédestre, qui devait me faire rallier un petit village nommé San Pietro. Le parcours s’est effectué sous un ciel bleu et ensoleillé et ça fait plaisir d’avoir le privilège de passer sa journée dehors en T-Shirt en plein mois de Novembre. L’Abruzzo est majoritairement montagneux, comme une grande partie de l’Italie, et la marche en ce premier jour d’après repos a été à tendance tendance ascendante. J’en ai d’ailleurs pas mal bavé du fait que j’étais chargé à bloc niveau nourriture, d’autant plus que je me suis perdu sur la fin d’après-midi/début de soirée, sombre car les journées raccourcissent drôlement. Le problème étant que les sentiers pédestres ne sont pas vraiment balisé, on s’oriente un peu à l’aveuglette et ne sachant plus où j’allais à un moment donné, j’ai demandé mon chemin à un berger qui, par chance, passait par la dans son pick-up. Il m’indiqua alors la voie à suivre pour rejoindre la route asphaltée qui va vers San Pietro. Apercevant au loin les lumières du village, je lui ai demandé s’il n’était pas possible de couper droit vers San Pietro, à travers champs, mais il m’a affirmé que non, il valait mieux rejoindre la route car je devrai autrement traverser un bois. Sur ces bons conseils j’ai repris ma route dans la direction indiquée, puis ai peu à peu bifurqué en direction des lumières du village en me disant que ça irait de toute façon plus vite de filer droit et qu’un bois ça peut bien se traverser à pied. Connerie oui! Je me suis tellement galéré ce soir la, dans la nuit, à passer à travers ce bois dense, pentu et glissant, le sol étant recouvert d’un épais tapis de feuilles mortes. Plusieurs fois j’ai chuté, égarant au fur et à mesure de ma progression 3 des 4 chaussettes qui séchaient, fixées avec des pincettes aux sangles de mon sac à dos. Evidemment quand je m’en suis rendu compte il était trop tard, j’allais pas rebrousser chemin pour m’embêter à essayer de les retrouver à la lumière de ma lampe frontale. Après cette éprouvante mésaventure en sous-bois pentu il m’a encore fallu escalader le versant opposé pour rejoindre la route et ça n’a pas été une mince affaire, car ça grimpait sec et c’était en plus de ça fort caillouteux, donc pas très praticable. J’ai été vraiment content de rejoindre le bitume, stable et rassurant, ce soir la. J’étais bien cassé et tout transpirant après ça, ce qui fait qu’après avoir eu chaud du fait de l’effort, j’ai eu très froid à cause de la basse température et de la transpiration qui avait mouillé mon haut. Je me suis réfugié dans un petit édifice religieux qui était le sanctuaire Giovanni Paulo II (Jean-Paul II), tout n’était que représentation de notre précédent pape : de la statut planté dans le jardin environnant à la grande peinture accroché au fond du bâtiment derrière l’autel, en passant par les nombreuses photos et « dédicaces »… JP était partout !

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J’ai attendu un moment que le gérant vienne fermer le sanctuaire, dans l’espoir que celui-ci m’offre peut-être une place au chaud, un peu d’hospitalité. Lorsqu’il est arrivé je lui ai demandé si je pouvais installé ma tente dans les jardin du sanctuaire, mieux que ça il m’a carrément proposé de passer ma nuit dans l’enceinte du sanctuaire ! C’est ainsi que j’ai passé ma première nuit dans un lieu saint, entouré de tous les icônes de JP. J’ai également rencontré ce soir la à l’extérieur un berger qui était occupé à ramassé les bouses de ses vache avec une truelle, dans le jardin environnant le sanctuaire, et à les expulser plus loin. L’ayant questionné sur le sentier pédestre traversant les montagnes en direction du nord, il m’a sincèrement conseillé de prendre plutôt la route car le sentier n’est pas bien balisé et en cette période de l’année, s’engager dans une traversée des hautes montagnes est très risquée. Plusieurs personnes y ont apparemment déjà laissé leur peau cette année. Après la galère que j’avais vécu ce soir la dans les sombres bois glissants, parce que je n’avais pas voulu écouté les conseils du précédent berger en pick-up, je me suis dis qu’il valait mieux suivre les conseils de celui-ci. J’aurai appris une chose : les locaux ont toujours raison dès qu’il s’agit leur territoire. Un sympathique gendarme rencontré le lendemain matin m’a de plus confirmé que le sentier était très mal balisé, que le club d’alpinisme local ne daignait s’occuper d’installer des panneaux indicateurs et qu’il valait donc mieux prendre la route. Me voici donc le lendemain de retour sur le bitume en direction d’Ortolano, toujours en altitude, environné des hautes montagnes que je n’ai osé traversé par prudence et encore et toujours sous un ciel bleu et dégagé.

Je me suis installé le soir venu à Ortolano dans le petit parc pour enfant attenant à l’église. Je me suis fais un bon gros plat de pâtes complètes à la sauce pomodoro et j’ai été accompagné une grande partie de la soirée par un adorable jeune petit chien, plein d’énergie, très joueur, un peu chiant même… Je l’ai retrouvé le lendemain matin au petit déjeuner après une fraîche nuit sous la tente. Je suis resté un moment dans le parc à jouer avec lui et à le prendre en photo et puis je suis parti vers la fin de la matinée. Le petit chien m’a suivi longtemps alors que je quittai et m’éloignai du village. J’ai essayé de lui faire comprendre qu’il devait retourner chez lui, mais pas moyen de le faire partir, il a continué à me suivre jusque sous le premier tunnel que j’ai traversé et où à malheureusement eu lieu le grand drame de cette journée : le petit chien qui ne cessait de traverser la route à droite et à gauche a fini par passer sous une voiture. Je l’ai entendu gueuler dans l’obscurité de ce long tunnel, j’ai allumé ma lampe frontale et je suis allé voir ce qu’il en était de lui. Il était salement blessé au niveau de l’arrière train, mais il était toujours vivant. Je l’ai porté dans la voiture du Monsieur qui lui était passé dessus et qui avait fait marche arrière, il était vraiment désolé pour le petit chien. Je lui ai dis qu’il appartenait sûrement au tenancier du Café d’Ortolano, car je l’avais entendu le soir précédent interpeller le petit chien pendant qu’il aboyait à l’entrée du bar et que moi je demandais de l’eau. Il l’a ramené au village et j’ai continué ma route en espérant que tout irait bien pour le petit chien. Sur le chemin du retour le Monsieur en voiture s’est arrêté à mon niveau pour m’annoncer qu’il avait bien ramené le chien mais qu’à son arrivé au bar il était déjà mort dans la voiture. Ça m’a vraiment attristé, j’ai eu les boules toute la journée et je m’en suis voulu de ne pas soit l’avoir soit ramené au bar ce matin là, soit au moins tenu en laisse avec un vêtement lorsque je suis passé sous ce tunnel sombre, où il y avait évidemment de grandes chances qu’il termine sous un véhicule. R.I.P petit chien, je pense encore souvent à toi, ta joie de vivre et ton insouciance d’enfant m’ont enchanté et j’aurai vraiment aimé que tu puisse vivre ta vie de chien moins brièvement.

Carte Postale - Picolo Cane

J’ai rallié en cette triste journée la ville de Montorio, dernière étape avant Teramo. Arrivé la-bas, je me suis dis qu’il y aurait bien un endroit où dormir pour moi à l’église. J’y suis donc allé pour la messe de 18h que j’ai patiemment suivi afin de rencontrer le prêtre à la sortie pour lui demander l’hospitalité. C’est à chaque fois un peu long je dois dire, un peu trop solennel et monotone, j’aime bien en revanche le passage systématique de ce qu’ils appellent la « pace » (la paix du Christ) où on sert des mains à droite à gauche en souhaitant la paix, c’est un bref échange très beau je trouve. A part ça, c’est un peu chiant… J’ai donc rencontré le prêtre à la fin de l’office, je lui ai expliqué ma situation et il m’a gentiment envoyé boulé sans même essayer de m’orienter vers quelque autre solution. Il était pas sympa celui-ci, plutôt sombre, pas souriant, pas très avenant, par rapport à d’autres que j’ai pu rencontrer les semaines précédentes. Heureusement que j’ai été pris en charge dans la foulée par 3 mémés qui m’ont conduit jusqu’au porche d’une église sous lequel je pouvais dormir. Comme le stade se situait juste à côté de celle-ci, j’ai préféré monté ma tente sur sa surface plane et bien tondu. Le lendemain, dimanche 25 Novembre 2012 (ensoleillé toujours), j’ai effectué les 15 derniers kilomètres qui me séparaient encore de Teramo. J’ai retrouvé mon Ami Pierre-Luca, que je n’avais plus vu depuis 4 ans, en fin de matinée. Quelle joie de le revoir ! C’est un gars super, nous avons voyagé ensemble en 2008 pour mon premier grand tour à vélo, entre la Belgique et les Pays-Bas. Ça fait 5 jours que je suis ici et je repars demain de Teramo avec Pierro en direction de Civitella/Ascoli, il m’accompagne ce week-end, je vais marché accompagné un peu et ça fait plaisir !

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Ça m’aura fait du bien de me reposer ici, c’est une ville très agréable, moins effervescente que Rome, c’est plus propice au repos. Je me suis aussi occupé du chien de Pierro pendant 3 jours car il a du partir à Pescara pour la remise de diplôme de sa cousine, c’est un chien super attachant, très gentil et très affectueux sous ses airs de gros et solide American Staff. Nous sommes aussi allé ensemble mercredi dernier avec Pierro dans une ferme qui produit de l’huile d’olive biologique (olio Monaco : www.oliomonaco.it), Pierre-Luca devait avec les autres membre de son groupe d’étudiant, Giovanni et Diana, faire une interview avec le couple des fermiers dans le cadre d’un sujet sur l’économie solidaire et le consommation de proximité : km0 comme ils disent ici pour signifier que les produits consommés ne parcourent pas des milliers de kilomètres pour finir dans notre assiette.

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Hier j’ai invité Pierro à un concert de musique de chambre, un trio piano/violoncelle/violon qui jouait du Tchaikovsky, du C.Franck, que je ne connaissais pas mais qui m’a beaucoup plu, et du Tickmayer, mais ça c’était bizarre, pas très mélodieux. Les musiciens étaient : Gidon Kremer au violon, Giedre Dirvanauskaite au violoncelle et la sublime Khatia Buniatishvili au piano.

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Enfin je suis passé aujourd’hui sur Allo la Planète, la super émission d’Eric Lange diffusé du Lundi au Vendredi de 13h30 à 15h sur Le Mouv, c’était un peu flippant au début de passer en direct à la radio mais finalement ça s’est plutôt bien passé, en voici l’extrait :

https://soundcloud.com/gatsou-1/passage-radio-allo-la-plan-te 

A plus tard tout le monde !;)

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Civitavecchia / Roma / L’Aquila

Ça fait bientôt un mois que je n’ai plus raconté ma vie et dieu sait qu’il s’en est passé des choses… Etant donné que je me suis aujourd’hui octroyé une bonne, agréable et délectable journée de pose après une semaine de marche entre Rome (Lazio) et L’Aquila (Abruzzo), j’en profite pour revenir sur ces quelques 3 dernières semaines mémorables, gravées profondément dans ma mémoire comme étant un enchaînement de charmants paysages semi-montagneux (car le Lazio et l’Abruzzo ne sont pas si plats que ça, même si éloignés des Alpes) et de rencontres hasardeuses enchantées.

Après une semaine d’errance en pays sarde, j’ai donc pris le bateau de Olbia pour rejoindre le continent à Civitavecchia, où je me suis procuré une carte de la région du Lazio et de L’Abruzzo afin de suivre l’itinéraire que je m’étais fixé : Civitavecchia/Roma/L’Aquila/Teramo. Je n’ai pu trouvé à ce moment là qu’une carte à l’échelle 1 :200 000, j’ai donc fais avec et je continue d’ailleurs actuellement avec cette même carte. Je problème a été que les deux premiers jours de marche ont été bien difficiles au niveau de l’orientation du fait du manque de précision de la carte. Je voulais comme en Sardaigne prendre les petites routes de campagnes tranquilles et sereines, afin d’être dispensé du brouhaha continu des maudites voitures. J’ai donc erré dans la campagne dans un rayon d’une dizaine de kilomètres par rapport à Civitavecchia jusqu’à ce que j’en ai ras le bol d’aller vers nulle part et que je reprenne les routes plus importantes et qui finalement ne sont pas systématiquement désagréables. J’ai donc rejoins Rome en une semaine en suivant un itinéraire : Civitavecchia/Cervéteri/Céri/Boccea/Roma. J’ai durant cette semaine expérimenté pour la première fois l’hospitalité en milieu catholique. La première tentative eu lieu à Céri qui est une magnifique petite ville médiévale plantée au sommet de hautes falaises et délimitée par de larges créneaux comme on peut en voir sur les châteaux forts. J’ai assisté à la messe ce soir la, par curiosité et puis ça faisait bien longtemps que je n’y avais plus été du fait de ma non fidélité à ma religion. J’ai rencontré ce soir la Luigi qui va tous les jours de la semaine à la messe à Céri ; le prêtre n’ayant pas de chambre à me proposer, il m’a accueilli chez lui. Luigi ne parlant qu’italien j’ai du faire quelques efforts pour comprendre et me faire comprendre, mais ça l’a bien fait au final et j’ai depuis bien progressé dans l’apprentissage de la langue italienne qui n’est pas si éloignée que ça de la notre. C’était l’anniversaire de la plus jeune de ses filles ce soir la et nous sommes allés cherchés ensemble des pates maison faites par sa dame dans une petite salle occupée par des femmes seulement, une trentaine, de jeunes enfants en bas âges aux vieilles mémés toutes les générations étaient représentées ! Nous ne sommes pas resté longtemps car la fête se déroulerait entre femmes. Nous avons tranquillement mangés ensemble ce soir la, avons discuté un bon moment, Luigi a aussi joué du piano, instrument qu’il a appris à jouer seul et qu’il maîtrise pas mal du tout même si c’est un peu maladroit parfois. Il m’a déposé le lendemain en voiture un peu après Céri et j’ai repris ma route en direction de Rome.

 

Le soir qui a suivi j’ai fais ma nuit à l’église de Boccea où Don Antonio m’a ouvert une des salles de réception. Il m’a en plus de cela régulièrement apporté de quoi manger, à chaque fois qu’il déboulait c’était toujours avec de quoi me nourrir. Il était vraiment cool ce vieux prêtre, plein de bonne générosité.

De Boccea j’ai ensuite rejoins Rome et suis passé de la paisible campagne à la bruyante et sauvage ville, car cette grande capitale italienne est quand même un immense bazar en ce qui concerne la circulation et c’est tout juste si en tant que piéton, même sur un passage piéton, on est pris en considération. Comme disait Sébastien qui m’a accueilli chez lui c’est la loi du plus fort qui règne. A part ça c’est une ville magnifique, hyper riche culturellement, peut-être trop tellement il y a à voir ! Entre la Rome Antique et la Renaissance italienne qui éclate à l’intérieur de chacune des innombrables églises que compte la ville, on a facilement au bout d’une semaine son overdose de culture. On en prend plein la vue mais faut dire que ça en vaut la peine. Les choses les plus marquantes pour moi ont été la visite de la somptueuse chapelle Sixtine au musée du Vatican et celle de la Villa Borghese, qui regroupe bon nombres de chefs-d’oeuvres importants sans en faire trop : l’espace est bien agencé, bien aéré, les œuvres sont bien mises en valeurs, ça n’agresse pas autant que certains musées ou églises à l’intérieur desquels l’espace est saturé par les ornements, les peintures, les sculptures…etc

Le jour de mon arrivée pluvieux en centre-ville de Rome j’ai eu l’énorme chance/opportunité, l’heureux hasard, un clin d’oeil du destin… je sais pas comment on pourrait appeler ça, toujours est-il que les choses tombent tellement bien parfois que c’en est troublant. Bref… j’ai rencontré Benoît et Laure dans la rue, sur le cours Viktor Emmanuel II, un jeune couple de français de 24 ans avec qui j’ai discuté quelques minutes au bout desquels Benoît m’a proposé de crécher chez eux si j’étais en galère. Nous avons échangé les numéros et nous sommes séparés, moi allant en ce dimanche soir vers un petit hostel du centre ville, mon hôte Couchsurfing Sébastien s’étant proposé de m’accueillir chez lui le lendemain. J’ai passé la journée suivante dans les environs du Vatican, j’ai écris quelques cartes postales et j’ai retrouvé Benoît et Laure en fin de journée avec qui nous avons bu une bière (chères en Italie ! Plus qu’à Berlin pour sûr…). Je suis arrivé chez Seb après cela, j’y ai rencontré mon hôte ainsi que Rosanna, roumaine naturalisée française, qui a été trop ma pôte de la semaine, ma camarade de tourisme, ma confidente, mon alter-ego féminin, ma grande sœur fictive… le courant est hyper bien passé et je suis vraiment heureux d’avoir passé du temps avec cette super nana, chanteuse lyrique venu passé un concours de chant/musique sacré (Musica Sacra) à Rome. Nous avons donc assisté à la première et à la dernière phase de ce concours avec Sébastien et Benoît et Rosanna pour la finale aussi puisque qu’elle n’a malheureusement pas été sélectionnée par le jury pour continuer. J’ai passé en tout une semaine à Rome, j’ai dormi 3 nuits chez Sébastien, 3 nuits chez Benoît et Laure et une nuit chez Veronica qui est une amie de mon pôte Pierre-Luca qui m’avait mis en contact avec elle. Sur la fin de cette semaine j’étais plutôt décalé par rapport à mon rythme de baroudeur de campagne, j’étais revenu à un mode de vie plus citadin, festif, arrosé un peu aussi… mais ça a été bon ! Semaine majoritairement francophone puisque ce sont mes chers concitoyens qui m’ont accueilli sous leur toit, merci à vous Seb, Ben & Laure !

J’ai repris la route il y 9 jours, je suis parti de chez Benoit et Laure en fin de journée en direction de L’Aquila. Pour résumer, cette dernière semaine est plus ou moins calquée sur celle précédent mon arrivée à Rome : Marche, Eglise, Dodo et ainsi de suite… ça vaut mieux que le classique « Métro, Boulot, Dodo » ! Pour ma part c’est en tout cas plus épanouissant :)

De Don en Don (on appelle les pères Don en Italie) on m’a ouvert les portes des quelques chambres paroissiales locales, on m’a payé des cafés, des repas parfois.

J’ai manqué à la tradition deux fois : une fois à Fiumata où j’ai squatté avec un joyeux trio de pécheurs venu passés leur week-end sur les bord du Lago del Salto, Giuseppe, Alessandro et Italo, pécheurs de carpes hyper high-tech et vraiment sympas.

 

L’autre fois a la Casale Calabrese un peu avant Castiglione sur la route de Tornimparte où Gabriela et son homme m’ont permis de poser ma tente sur leur terrain, elle m’offrant ce soir la Pecorino, Prociuto, bon vin et une spécialité de biscuits italiens, adorables ces gens. Elle m’a demandé d’aimer sa page Facebook, ça lui rendrait service d’avoir plein de j’aime alors si ça vous dérange pas aimez un max ! Je leur dois bien ça, ils ont été tellement chouette avec moi ! Voici le lien :

https://www.facebook.com/pages/Casale-Calabrese/295874497195509?fref=ts

Je suis à L’Aquila depuis hier, je dors dans la maison paroissiale, j’ai une chambre tout confort super correcte et gratuite en plus, c’est ça qu’est cool avec le « ChurchSurfing »:) L’Aquila est une ville qui a été partiellement détruite par un gros tremblement de terre il y a 3 ans, en 2009. Le centre ville est encore en travaux et le sera pour les 10/15 années à venir. C’est très particulier l’ambiance qui règne dans le centre encore sacrément endommagé et vide, on se croirait comme dans une ville abandonnée.

Je repars demain en direction de Teramo sur un chemin pédestre qui passe au milieu des montagnes, j’en suis bienheureux car je sais que du coup je serai tranquille au milieu de la nature et c’est ce qu’il y a de plus plaisant :)

J’ai pas mal pensé cette semaine au fait de voyager avec une autre personne et j’ai publié hier sur forum-voyage un message proposant de faire un bout de chemin avec moi. La solitude ne me pèse pas spécialement, je suis heureux ainsi, mais marcher avec quelqu’un me brancherait bien désormais. Je verrai si ça mord…:)

A plus les amis, la famille, les élèves du collèges Elie Faure (puisque vous me suivez avec Mme Martin. ça fait plaisir!).

Ciao a tutti e viva Italia !

Sardaigne (it) – Santa Teresa di Gallura / Arzachena / Olbia

J’ai débarqué dans la belle région italienne de la Sardaigne dimanche dernier (21.10.2012) en fin de matinée, à Santa Teresa di Gallura. Je suis parti ce matin la à 10h30 de Bonifacio, la traversée a plus ou moins durée une heure.

Ça m’a fait vraiment plaisir d’enfin arriver dans un pays étranger, j’avais vraiment hâte d’avoir affaire à une autre population, à un autre décor et à une autre langue. La Sardaigne n’est pas encore si lointaine, mais les couleurs ne sont pas les mêmes qu’en France, en particulier dans les villes et villages traversées qui sont composés ce bâtisses peintes de couleurs vives, ce qui est très joli et égaye un peu l’atmosphère, surtout par temps gris et couvert, auquel j’ai eu droit une bonne partie de cette première semaine en terre italienne. Les magasins, les panneaux, l’allure des gens, leurs style… toutes ces choses différentes de chez nous et qui font qu’on se retrouve ailleurs sont appréciables.

C’est aussi un sentiment assez particulier que je n’avais plus éprouvé depuis longtemps que de se retrouver dans un pays dont on ne parle pas la langue, ni ne connaît vraiment la culture (encore que pas si éloignée de la notre), ni le caractère des gens. J’ai par le passé beaucoup voyagé dans le nord de l’Europe, entre l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Suède qui sont des pays où la langue anglaise se pratique aisément lorsqu’on ne parle pas la langue du pays, car elle est assimilée par les populations de ces pays la. En Italie c’est une autre histoire… les gens en majorité ne parlent pas anglais et n’ont as appris de langue étrangère, la communication doit donc se faire en italien, alors j’ai du m’y mettre à petite dose, apprenant par-ci par-là, au fil des jours, quelques mots essentiels qui m’ont permis de m’orienter sur les « picolas stradas » (petites routes) italiennes. Je ne me suis pas senti trop sûre de moi les 2 premiers jours de mon séjour ici, car j’avais l’habitude en France de m’installer avec ma tente où bon me semblait, favorisant en général les stades communaux pour des raisons pratiques (terrain plat et « moelleux », arrivée d’eau, locaux/sanitaires ouverts bien que rarement), mais ici en Italie n’étant pas informé du rapport des autorités quand au traitement du camping sauvage, j’ai eu tendance à me faire discret, construisant ma tente de nuit, éclairé par la LED rouge de ma lampe frontale (plus discrète que la blanche), aux abords de petites églises de campagne qui sont drôlement bien aménagés avec tables, bancs et arrivée d’eau car j’ai appris plus tard qu’à plusieurs reprises dans l’année, les italiens de Sardaigne organisent, autour des églises, de grandes fêtes ouvertes à tous avec repas gratuit ou à participation financière libre. Le choix d’occuper l’abord des églises s’est aussi décidé par nécessité car je trouve qu’en Sardaigne les gens ont un trop grand sens de la « Proprieta Privata », délimitant leur territoire par clôtures et portail cadenassé, l’accès aux terres étant très limité en dehors des routes. C’est pour moi un des points faibles de cette jolie région, il est dommage que beaucoup trop de terrains soit ainsi fermés, en tant que marcheur on se sent vraiment dépendant des routes et seulement d’elles, sur lesquelles roulent quelques fous du volant, les italiens ne me semblant pas être les conducteurs les plus prudents et les plus attentifs qui soient. Les marcheurs sont sur les routes des OMNI (objets mouvants non identifiés), insolites et pourquoi pas invisibles puisque pas mal d’automobilistes se dispensent de faire un écart correcte et sécuritaire pour le marcheur. D’où ma préférence justifié pour les « picolas stradas » (petites routes) en défaveur de la « granda strada » (grande route) dangereuse, bruyante et inconfortable. J’ai de beaucoup augmenté la distance entre Santa-Teresa et Olbia en empruntant les petites routes, j’ai mis 5 jours (avec un jour de pause et quelques égarements) pour parcourir les quelques 60 kms qui séparent les deux villes par la grand route, mais qui représentent à mon avis une centaines de kms pour mon trajet champêtre sur les routes et pistes sardes.

J’ai bien mis 2,3 jours à prendre mes repère et à être à l’aise sur cette petite île qui fait quand même 3 fois la Corse. La plus grande et belle surprise de ma semaine s’est manifestée mercredi dernier au petit matin après une nuit passée sur un terrain privé, mais non clôturé pour une fois, situé dans le prolongement d’un carrefour, bordé par une route/piste sablonneuse, voies assez typiques dans le coin, plus lumineuses et plus agréables à fouler que l’asphalte rude et austère. Ce matin-là, après avoir rangé toute ma literie et rendosser mon gros sac à dos, j’ai demandé mon chemin à deux automobilistes qui passaient par la mais qui n’ont pas vraiment su me renseigner quand à la bonne direction à prendre. Derrière eux se tenait sur un scooter orange un jeune gars blond qui m’a proposé de me renseigner et qui au final m’a emmené avec lui chez son voisin/pote Baptiste qui parle français et connaît bien les routes de campagne environnantes. C’est ainsi que je me suis retrouvé ce matin la à boire le café avec Baptiste, Greg (l’homme au scooter) et Lucia, amie de Baptiste qui crèche chez celui-ci en attendant de retrouver une maison, elle a installé une caravane offerte par un ami dans le jardin. Plus fort encore que le café du matin et après avoir bien sympathisé avec ce joyeux trio, j’ai été invité à me doucher, puis à déjeuner le midi et enfin à dormir ici la nuit. C’est ainsi que ce mercredi 24 octobre fut « chômé » , passant la matinée avec Baptiste et Greg, les accompagnant dans leurs tâches de maçons associés devant ce jour là continuer la construction d’une cheminée. L’après-midi s’est tranquillement passé à faire une machine de linge et à tapoter sur mon ordinateur pendant que Lucia s’occupait à monter des étagère à la place de la douche dans sa caravane. Le soir a eu lieu la « crêmaillère/inauguration » de la caravane de Lucia. Un grand feu a été allumé et nous fûmes une petite dizaine à manger ensemble dehors un bon barbecue accompagné de riz, de légumes et de patates.

Je suis reparti le lendemain de l’endroit où Baptiste et Greg travaillent sur la cheminée, continuant sur les petites routes en direction d’Olbia. Je suis arrivé vers la fin d’après-midi ce jeudi là en haut d’une colline qui dominait Olbia, c’était vraiment un bel endroit, offrant une vue panoramique sur la ville et ses alentours. J’en garde un beau souvenir car aborder les villes en arrivant par les petite routes permet parfois d’avoir un point de vue époustouflant sur celles-ci. C’est comme arriver à Sainte-Foy-La-Grande par le moulin de la Féraille ou par le pont de la Beauze, l’effet n’est pas du tout le même. Je me suis fais cette réflexion parce que si j’étais arrivé par la grand route, je n’aurais pas eu droit à ce spectacle la, ce qui aurait été bien dommage et du coup je me dis que je ferai désormais tout mon possible pour emprunter les petites routes, pour le calme qui y règne et pour les bonnes surprises qu’elles réservent. L’effet GR20 y est pour quelque chose, car après 16 jours de sentier pédestre merveilleux, le retour à la réalité des routes à poubelles est violent…

J’ai atteint Olbia hier, sous un ciel couvert et quelques gouttes de pluie. Après les charmantes ville d’Arzachena et de San-Pantaleo, Olbia n’est pas très saisissante… Je n’ai pas visité la ville en détail étant donné que je devais retrouver Laura, mon hôte CouchSurfing en fin d’après-midi, mais rien de très intéressant au niveau architecture. J’ai eu droit à mon entrée en ville, juste après avoir passé le panneau Olbia, à mon premier contrôle de police. Ces 2 messieurs en bleu m’ont demandé mes papiers d’identité, ont voulu savoir où j’avais dormi, où j’allai dormir, si j’étais en vacances, si j’avais une arme… Un des 2 flics, qui avait un peu une dégaine de ceux qu’on peut voir dans les films américains avec une paire de lunette ray-ban aviator, m’a expliqué que si je voulais dormir il fallait que je paye dans les campings ou autres hôtels et enfin il m’a fait la morale sur le fait que je ne parlai pas assez italien et que si je venais en Italie je devais avoir plus de notions. Tout ça sur un ton des plus désagréables, ce qui fait que d’expression sympathique et souriante au départ je me suis petit à petit renfrogné devant un comportement aussi con et désagréable. Ce que j’aime pas dans ce genre de situation, c’est que le gars en face qui représente la loi te parle de manière arrogante et provocante même, dans l’espoir de te souler et de te faire réagir de manière agressive et stupide. J’ai rien dis, j’ai pas bataillé mais ils m’a trop dégouté ce con la.

Après ce bref passage en ville je me suis dirigé vers Porto-San-Paolo où je devais retrouver Laura, mais la route menant la-bas était fermée au niveau d’un petit pont infranchissable même à pied. J’ai essayé de négocier mais un monsieur chiquement vêtu (un chef de chantier peut-être) m’a affirmé que c’était trop « pelicolos » (dangereux – merci ma iuli pour les quelques notions de roumain qui m’ont au moins permis de piger ce mot la). Il a fini par m’emmener dans son gros 4×4 pour me déposer à un embranchement d’autoroute en direction de Murtamaria qui correspondait à la déviation obligatoire pour rejoindre Porto-San-Paolo. C’est ainsi que j’ai re-adopter par nécessité hier vers le milieu de l’après-midi, la confortable et reposante position d’auto-stoppeur. Pratique qui, je peux le dire aujourd’hui, fonctionne très bien en Sardaigne puisque j’ai pu rejoindre Murtamaria en deux voitures et en peu de temps. Ça aura été le petit bonus autostop insulaire qui ne m’aura pas fait avancer puisque la destination finale sarde c’est Olbia, d’o`je prend le bateau, c’est pourquoi j’espère que le Dieu de la Marche me pardonnera ce petit écart de conduite… Laura m’a finalement récupéré la-bas, nous avons bu un coup au café du coin et nous sommes partis chez elle. Elle habite une très jolie maison dans un petit village de bord de mer, j’y suis super confortablement logé. Laura est super cool, on s’entend vachement bien, le contact s’est fait très facilement, on a des conversations très intéressante et j’aime beaucoup quand les rencontres CS (CouchSurfing) sont d’une telle qualité.

Je repars peut-être demain d’Olbia pour Civitavecchia en bateau pour enfin rejoindre le continent et amorcer un parcours en direction de Teramo pour aller voir mon grand pote Pierre-Luca que je n’ai plus vu depuis 4 ans. Je ferai sûrement une escale à Rome, car Laura me dit que ça vaut le coup de visiter la capitale. Je ne sais pas combien de temps encore je resterai en Italie, ce que je sais c’est que ça me plaît et que j’ai vraiment envie de prendre mon temps pour la découvrir en profondeur. J’ai eu tendance à speeder quand j’étais encore en France, je pense que bien que notre pays soit très beau et très intéressant, j’y ai vécu déjà bien des années et j’avais vraiment hâte d’être à l’étranger.

Désormais un seul mot d’ordre : « Tranquillo » :)