
Après cet agréable semaine de repos passée à Teramo chez mon Ami Pierro j’ai repris la route avec celui-ci en direction de Civitella del Tronto. Nous sommes partis de chez lui à la mi-journée pour arriver à Civitella en fin d’après-midi. Cette petite ville italienne plantée dans les hauteurs offre un superbe panorama sur la région de l’Abruzzo, elle est elle-même un petit bijoux qui m’a un peu rappelée la ville de Sarlat (24 – Dordogne) de par l’agencement et l’étroitesse de ses rues (la rue la plus étroite d’Italie s’y trouve). Nous avons dormi ce soir là sous la tente dans le jardin d’un Monsieur. Nous avons visité la ville de nuit et avons rencontré sur la place sœur Pierrina qui est allemande et qui vit à Civitella au sein d’une communauté religieuse. Une femme rayonnante et adorable qui a parlé avec nous un bon moment et nous a offert une petite représentation du tableau la vierge marie situé dans l’église de sa communauté. C’est une habitude chez les religieux d’offrir des petites cartes de ce genre représentant l’objet significatif propre à leur église. Sœur Pierrina nous a offert de venir boire le thé, mais nous avec Pierro on voulait aller manger plutôt alors on a gentiment refuser pour dans la foulée aller au resto. On y a mangé une très bonne pizza et une pannacotta aux fruits rouges, j’adore ça la pannacotta c’est trop, trop bon ! Nous sommes ensuite allé dormir dans ma petite tente, c’est passé mais c’était limite quand même, heureusement que Pierro n’est pas un gros gabarit. La dernière fois que j’avais dormi avec quelqu’un dans ma tente, c’était avec mon père en Août dernier dans la Drôme avec mon père, ça en faisait deux comme moi, parce que même taille même gabarit avec Papa Jean-Luc, pour le coup c’était vraiment étroit, tant et tellement que cette nuit là je me rappelle avoir fait une petite crise de claustrophobie…





Le lendemain nous avons tout remballé, sommes allé boire un dernier café et nos chemin se sont ensuite séparé Pierro rentrant à Teramo et moi allant en direction de la côte pour respirer un peu d’air marin provenant de l’Adriatique. J’ai vraiment passé de bons moments avec Pierre-Luca, c’était trop cool de marcher avec lui et on aurait bien aimé faire un peu plus de route ensemble mais lui doit étudier et travailler, pas la bonne période donc, ce sera pour une prochaine fois peut-être ?

J’ai donc continué à marcher seul avec toujours plus personne à qui faire la gueule (ça c’est mon fanatisme pour les chansons de Mano Solo) en direction de Contro-Guerra où je suis arrivé dans la soirée alors qu’il faisait déjà sombre. Faut d’ailleurs que j’arrête de marcher quand il fait noir parce qu’il y a trop de fous du volant dans ce pays, c’est de jour déjà pas hyper secure alors de nuit… trop de gens conduisent comme je le faisais quand je jouais à Gran Turismo sur la Playstation, j’ai que ça comme élément de comparaison, j’ai pas le permis. Ils se croient sur un circuit de Rallye, les lignes blanches n’existent plus dans les courbes et c’est flippant. Quand aux écarts que peuvent faire certains pour me dépasser c’est à peine si ils sont remarquables, combien de fois me suis-je fais rasé par des blaireaux imprudents. Alors comme souvent je gueule et je lève le doigt. Bref, italien au volant, marcheur serre bien sur le bas-côté.
A Contro-Guerra j’ai été pris en charge par le suppléant au maire, ou vice-maire, avec qui nous avons frappés à quelques portes, passé quelques coups de fils pour que je finisse ma journée et passe ma nuit dans les vestiaires du gymnase de la ville. C’était nickel ! Après m’être douché et changé je suis allé rejoindre Gabriel le vice-maire super altruiste et ses collègues de la mairie qui s’occupaient du dépouillement des urnes du vote des primaires socialistes italiennes « Riscrivi l’Italia ». C’était intéressant d’assister à une séance de dépouillement d’urnes, tout ça faisait très solennel, il ne fallait surtout pas faire de bruit pour pas déconcentré les compteurs. Au final un bulletin manquait alors ils ont cherché partout dans le petit bureau de vote, en vain… Le candidat qui a été élu est Bersani, la majorité des voies de la ville de Contro-Guerra allaient à Rienzi. Nous on a eu Hollande, je sais d’ailleurs pas ce qu’il en est de la politique au pays, je suis grave déconnecté depuis que je suis parti.



Spéciale dédicace à l’Ami Giacommo (ci-dessus), cousin du bienfaiteur Gabriel, qui m’a lâché 5 euros parce qu’il s’en voulait de ne pas m’avoir accueilli le soir précédent lorsque nous nous sommes rencontrés. Un Grand homme, généreux et sensible!
Après cette sympathique halte dans cette charmante petite ville aux limites de l’Abruzzo, je suis passé dans une nouvelle région : le Marche. Je marches donc dans le Marche
J’ai retrouvé la Mer après des semaines passées au cœur de l’Italie que j’avais du coup traversé d’Ouest en Est. C’est d’ailleurs un drôle de sentiment, très satisfaisant de se dire qu’on a traversé un pays à pied, tranquillement, paisiblement, sereinement (encore que les bagnoles me tapent sur les nerfs malheureusement… quand je serai président on les brulera toutes ! Dictature de la marche à pied et du vélo ! Green Power Baby!). J’ai longé la côte jusqu’à Ancona qui est la ville la plus importante du Marche. Ca m’a quand même pris une bonne semaine le long d’une route pas très coole avant d’arriver la. A part en certains endroits où j’ai pu suivre ce qu’ils appellent ici le lungoamare (le long de la mer) qui consiste en deux voies piétonnes et cyclables super bien aménagées, le reste s’est fait en bord de route équivalent nationale française, bondée de voitures. Ça s’est calmé un peu avant Ancona au niveau de Porto-Recannatti. La route est devenu plus tranquille et aussi plus belle dominant la mer de plusieurs mètres et offrant une vue plus intéressante sur le paysage environnant. Je me suis rendu compte que la côte me plaisait moyennement finalement, ça paraît moins authentique que l’intérieur des terres, un peu surfait et superficielle, mais ça c’est pas nouveau, c’est une caractéristique que l’on retrouve souvent sur les bords de mers, cités balnéaires touristiques sur les plages desquelles la populace vient se faire dorer la pilule. Les highlights de cette semaine côtière en matière d’hospitalité furent l’accueil reçu dans les petites ville de Pedaso et de Numana. Don Ubaldo qui à Pédaso m’a ouvert la salle de catéchisme pour que j’y passe ma nuit et qui m’a invité à sa table le lendemain midi en compagnie de son associé prêtre venu de Martinique. Il m’a offert un repas succulent avec des spaghettis en entrée et un excellent plat de poisson en plat principal. Je suis reparti plein d’énergie, toit frais, comme neuf ! Don Ubaldo s’est occupé des scouts pendant un temps et il m’a donné quelques trucs utiles de baroudeurs : il faudrait apparemment dormir dans son sac de couchage avec les vêtements à l’envers, si ils ont été porté pendant la journée, pour éviter d’avoir froid car la peau sécrète une graisse qui se dépose sur le tissu et se refroidit pendant la nuit. Du coup tu retournes tes vêtements et cet fine couche de graisse froide t’ennuies pas !:)



A Numana j’ai été accueilli par Don Mario et Greta, dame polonaise qui s’occupe de lui faire la cuisine, deux personnes adorables, pleines de sérénité et de bonne et sincère générosité, qui m’ont accueilli avec un réel plaisir et m’ont offert un délicieux repas préparé par Greta. Si j’avais une mamie en Pologne j’voudrais qu’elle soit comme ça ! Le lendemain matin rebelote : soupe riche en légumes pleins de bonnes vitamines, « alla polonese » encore, trop bon ! Greta s’est super bien occupé de moi, elle m’a bien nourri, nous avons discuté un moment aussi, elle m’a explique qu’elle était en Italie depuis 10 ans parce que sa fille était venu étudié la et qu’elle l’avait suivi parce qu’elle ne voulait pas que sa petite finisse sur le trottoir… parano maternelle ou réalité mafios’italienne, je sais pas, toujours est-il que c’est une femme adorable, émouvante, très dévouée qui doit être une super Maman et une super Mamie (Mamie Michèle en version polonaise).


J’ai passé ma première nuit à Ancona à l’auberge de jeunesse, n’ayant pas trouvé de paroisse hospitalière pour cette fois. Le jour suivant j’ai retrouvé Ike vers la fin d’après-midi, il m’a récupéré en voiture près de la gare et nous sommes allé chez lui. Je suis resté deux nuits la, c’était bon de se reposer et de retrouver un peu de confort. Ike est en plus un type excellent, on s’est tellement bien entendu ! C’est le genre de gars qui pourrait devenir un vraiment bon pôte, le courant est très bien passé. Au début je flippai un peu d’aller chez lui parce qu’il était écrit dans son profil CouchSurfing que les personnes qui venaient dormir chez lui dormaient avec lui parce qu’il n’a pas beaucoup d’espace chez lui. Sachant qu’Ike est homosexuel, j’me suis dis houla ! Je voudrais pas passer à la casserole ! Du coup par mail je lui avais écris que je dormirai sur mon matelas gonflable, mais il m’a rassuré en me disant que ça craignait rien, qu’il ne cherchait pas de Sexy Time via CouchSurfing (parce qu’attention ça se fait… on dit CS Hospitalité, mais pas que parfois…) mais à rencontrer des gens sympas. Du coup j’ai dormi en tout bien tout honneur dans le même lit que l’ami Ike, je n’ai pas du tout eu affaire à un pervers, mais à un gars très respectueux, pas bête du tout, Monieur est Professeur titulaire d’un doctorat en pisciculture, il sait de quoi il parle quand il s’agit de poissons ! J’ai profité des deux jours de repos chez Ike pour alléger un peu mon lourd sac à dos, je me suis débarrassé de quelques éléments superficiels et j’ai du coup plus de place et moins de poids, pas encore au top de la masse sur le dos mais ça va quand même beaucoup mieux.
Je suis parti de chez Ike et ai quitté Ancona Lundi dernier en début d’aprêm, direction Urbino. Fini la côte et bonjour l’intérieur des terres. J’ai passé toutes mes nuits froides sous la tente sauf à Fratte Rosa à une trentaine de kms d’Urbino où l’on m’a ouvert ce que je pense être la salle des fêtes. J’ai eu droit ce matin là à un bon café un bon gâteau gracieusement offert pas la dame du pressing de la place du village qui m’avait ouvert la salle le soir précédent. Ces quelques derniers jours de marche ont été teinté d’un peu de mélancolie, petit coup de blues hivernal probablement : le froid, la solitude, la pluie, la grisaille… tous ces éléments ont un peu fait chuté le moral. Depuis vendredi tout va bien mieux, j’ai passé une bonne journée, j’ai marché comme un passionné débordant d’énergie et j’ai torché plus ou moins 35 kms dans la journée, mon record italien ! J’ai suivi une route montagnarde très agréable, au calme dans les hauteurs de Fassombronne entre le col de Cézanne et Urbino, offrant une vue superbe sur les plaines du Marche, même si un peu nuageux, c’était très beau ! Je suis arrivé le soir un peu séché chez mon hôte Chiara, petite femme de 38 ans, biologiste moléculaire qui travaille pour l’université d’Urbino sur le virus du Sida, d’après ce que j’ai vu dans un article scientifique publié par elle et ses confrères, ça a l’air drôlement pointu ! Moi j’y pige rien, pas parce que c’est écrit en anglais, mais toutes ces formules abstraites c’est du chinois pour mon esprit si peu logique, formaté aux langues étrangères. Parce qu’attention ! Je voudrais pas me jeter des fleurs (juste quelques unes alors…) mais je gère grave en italien ! Je parle pas méga couramment mais cette très belle langue qui est si proche de la notre s’assimile plutôt repidement en fait. Faut dire que les langues étrangères ça a toujours été mon fort (encore quelques fleurs, c’était les dernières, j’arrête…).

Encore une fois quelle bonheur de retrouver un peu de confort, surtout après une journée de marche intensive comme celle d’hier. J’avais les pieds et les jambes en compote. Chiara m’a préparé un plat de pâtes fusilli (attention la variété a son importantce ici!) à la vodka/sauce tomate/prociutto (jambon), trop bon ! Après elle m’a sorti sa machine à bain de pied vibrant aux huiles essentiels et m’a fait une bonne tisane, bref… le pied !:) Elle est adorable, c’est une hôte 5 étoiles, elle m’a laissé son lit et a dormi sur le canapé. Moi ça me gênait un peu quand même, mais elle a insisté… alors voilà, j’ai ainsi dormi dans un lit super confortable avec pleins d’oreillers moelleux.
J’ai passé une grande partie de ma journée du samedi à l’appartement attendant que Chiara revienne de quelques heures de ménages qu’elle effectue de temps en temps chez une dame. Je trouve ça moche quand même qu’une personne brillante qui a déjà un boulot hyper spécialisé en biologie doive faire des heures supplémentaires le week-end pour arrondir les fins de mois
Je crois bien que le budget recherche en Italie vole bien bas… Chiara revenu nous avons trainé un moment à la maison puis sommes allé faire un peu de tourisme dans Urbino, alors qu’il faisait déjà nuit. La soirée s’est passée tranquillement, j’ai fais des crêpes, nous avons bien mangé !:) Le lendemain aussi d’ailleurs ! Nous avons mangé toute la journée du dimanche car Chiara avait ce jour la un repas de Noël avec son groupe de joggeurs/marathoniens. Ca a trainé en longueur à grand ravitaillement de plats à base de poissons, mais c’était bien, animé mais reposant. J’ai rencontré à ce repas Claudio, Frère Claudio, un gars excellent hyper-connecté bien que religieux, l’un n’empêche pas l’autre de nos jours.
Dans la foulée, 2h après être sortis de table nous sommes allé manger chez Michel et Sylvia, un couple d’amis à Chiara. La base du repas préparé ce soir la pas Michel était la fin du monde, il nous a donc servi une série de petits plats délicieux aux noms détonnants dont voici la composition :

Nous sommes rentrés bien tard et la pauvre Chiaretta a quand même du se lever tôt pendant que moi je pouvais longuement glander au lit, c’est pas juste la vie active… Lundi trainard encore, j’aime trop mes périodes de repos d’intérieur pour mettre le nez dehors, j’en profite du coup ! Petite sortie tout de même vers la fin d’après-midi pour retrouver l’ami Claudio et prendre un café ensemble. Nous avons discuté de la route que je pouvais suivre pour sortir d’Urbino et prendre en direction de San Marino. Il m’a ensuite emmené dans sa voiture à l’hôpital pour que j’assiste à sa messe express qui ne dure que 20 ou 30 mins maximum. C’est bref, édulcoré, plus percutant, moins écrasé par des textes bibliques lourds, interactif même car Claudio s’adresse beaucoup au public, il m’a même fait une petite dédicace en ajoutant que lui aussi s’il n’avait pas choisi la voie de la religion, il aurait également été une sorte de « clochard » itinérant. Il m’a ramené chez Chiara après la messe, j’ai passé ma dernière soirée avec ma merveilleuse hôte qui m’aura tellement gâté pendant ces 3 jours ! Une femme incréyable (c’est normal le é à la place du o, ça me rappelle Baptiste d’Arzachena en Sardaigne qui disait comme ça avec son accent italien, ça sonnait cool), vraiment adorable, forte et sensible à la fois, avec qui le courant est bien passé et que je n’oublierai jamais.
Le lendemain, Mardi 18 décembre, décollage tardif d’Urbino après dernier café pris avec Claudio dans son monastère et visite du campanile de celui-ci en haut duquel nous avons eu droit à un magnifique couché de soleil sur Urbino, inoubliable ! Nous sommes sortis pour que Claudio m’emmène dans sa voiture à quelques kilomètres d’Urbino, la route sortant de la ville n’étant pas sure de nuit. Nous nous sommes séparés à Castèl-Cavallino où Claudio m’a préalablement montré la maisonnette dans laquelle il avait vécu plus jeune. J’ai fais ce soir la la route à pied entre Castèl-Cavallino et Ca’Gallo, j’ai dormi sous ma tente dans les jardin de la maison paroissiale du village, nuit relativement froide, l’hiver commence à se faire sentir. Réveil ensoleillé et surprenant introduit par une offrande bienvenu, à savoir : un café chaud et un croissant, gentiment proposé par les gars qui s’occupaient des travaux sur le toit de l’église et qui se souciaient de savoir si j’avais bien passé la nuit. Ce jour la j’ai marché le long d’une magnifique route dominant le Marche timidement montagneux jusqu’à Mercatino, où j’ai été accueilli par le sympathique Don Marino qui m’a ouvert les portes d’une salle de la maison paroissiale. J’ai passé ma fin de matinée/début d’après-midi dans un petit bar où j’ai squatté le wifi pour poster ma carte postale à Tanguy Delamotte et ainsi participer au jeu-concours photo lancé par initiative cœurs pour peut-être gagné un mini ipad (je trouve que ça pourrait être fort utile dans mon voyage) ou une Wii U (mais alors ça je m’en fou…). J’ai essayé de motiver les troupes pour avoir un max de « j’aime », si ça vous dis de voter pour moi voici d’ailleurs le lien, n’hésitez pas, ça me fait plaisir
J’me suis farci dans la foulée vers les 14h30 les 12 kms qui me séparaient de l’état de San Marino qui n’est plus l’Italie mais un petit état indépendant comme Monaco peut l’être en France. Je crèche ici dans un appartements 3 pièces superbes réservé au père supérieur qui ne vient ici qu’une fois par an. C’est génial, merci Don Roberto !:) Hier (vendredi 21 décembre 2012, jour j de la fin du monde…) j’ai fais un peu de tourisme dans la ville de San Marino, j’ai visité le musée d’état dont l’entrée est gratuite et où j’ai rencontré une dame française mariée à un saint-marinois depuis 1978 et qui du coup à la nationalité saint-marinoise. Elle m’a un peu expliqué comment fonctionnait ce petit état indépendant de l’Italie. La journée a été neigeuse, c’était sympa de se balader en ville sous les flocons, mais c’était dommage de ne pas voir les paysages alentours du haut des 3 tours dominant la ville.